La (vraie) Affaire Depardieu

4 janvier 2013

Bonne année 2013!

Cette nouvelle année continue sur le mode tragi-comique qui aura retenu notre attention dès la fin de 2012, avec les péripéties de ce que la Presse appelle “l’Affaire Depardieu”!

Monsieur Depardieu a quitté la France pour la Belgique, dont acte.
Il a demandé et a obtenu la nationalité Russe, dont acte.
Ceci n’est pas notre affaire, et ne nous pose pas de problème particulier.

Par contre, sous l’angle des noms de domaine, l’enfant se présente moins bien, comme vous pourrez en juger aisément par vous même au vu du tableau ci-dessous regroupant l’enregistrement du patronyme Depardieu sous 6 extensions différentes (tableau non exhaustif):

depardieu4

A l’exception (pour ce tableau) du .fr (qui redirige vers la page blanche de http://www.guillaumedepardieu.com/) et du .co.uk, les autres domaines ont été enregistrés en rapport avec l’actualité:

depardieu.eu: récemment réenregistré (10 octobre 2012)  et mis en vente par son propriétaire

depardieu.be, enregistré le 10 décembre 2012, dont le site correspondant proclame ” Depardieu en Belgique - Pas minable, mais triste

et viennent les deux perles russes:

depardieu.ru et депардье.рф,

tous deux enregistrés le 21 décembre dernier, au nom d’une “Private Person”, sans site correspopndant, et hébergés sur des DNS différents.

Peut être un cadeau du Président Poutine, avé le passeport?

Imaginons la complication possible des redirections (opaques, il va de soi) du .fr vers le .be puis vers les points .ru et рф ?

Vraiment, depardieu.ru … dans les brancards!

Sylvain Hirsch

La Gouvernance de l’Internet brûle-t-elle?

13 décembre 2012

Derniers rebondissements en date à la Conférence mondiale sur les Télécommunications Internationales (WCIT) à Dubai:

Pour contrer toute prise de contrôle de l’Internet par l’ITU, l’association américaine CCIA (Computer and Communications Industry Association) a publié hier soir le nouveau communiqué suivant:

Under no circumstances should the stewards of the Internet be forced to hand over the keys to Internet governance mechanisms to a body where the short-sighted political considerations of morally questionable regimes hold more weight than concerns of the very engineers and programmers who have built and maintained the Internet since its birth,” Voir le communiqué intégral ici

Les auteurs de ce communiqué:
- semblent avoir la mémoire courte et notamment avoir oublié que les réunions de leur ICANN se font volontiers accueillir par des “morally questionable regimes“; peut être cet accueil lui même est-il d’ailleurs un signe de la myopie des considérations politiques de ces régimes (ouuuups, la prochaine réunion de l’ICANN n’est-elle pas supposée se tenir à Pékin?);
- font preuve d’un étonnant jugement de valeur biaisé en faveur des “very engineers and programmers who have built and maintained the Internet since its birth” (main sur le coeur + hymne américain, svp)

L’Internet est-il vraiment condamné à être ad vitam aeternam le hochet exclusif du pays qui en a vu la conception (et encore…), la naissance et les premiers développements?

Sylvain Hirsch

Mieux que la téléréalité: la panne du lundi midi …

10 septembre 2012

La coupure d’un site internet possédant un trafic important est toujours un évènement marquant.

Aujourd’hui ce n’est pas seulement le site internet www.wat.tv qui est coupé mais également WWW.TF1.FR , WWW.WAT.FR , WWW.LCI.FR , WWW.MISSFRANCE.FR , WWW.AUTO-MOTO.FR , WWW.TELEFOOT.FR … et la liste est longue : plus de 150 noms de domaine appartenant au groupe TF1 qui sont coupés depuis au moins plusieurs heures ce lundi.

La question que l’on se pose immédiatement : comment cela est-il possible ? Un problème avec les noms de domaine ? Et non, apparemment un problème de coupure d’une liaison fibre optique ou de panne électrique intervenu cette nuit dans un Datacenter SFR situé à Courbevoie .
Comment expliquer par ailleurs que WWW.EUROSPORT.FR (Groupe TF1 également) fonctionne parfaitement ? Et bien ce nom de domaine n’a pas les mêmes serveurs DNS que les noms de domaine cités précédemment et dès lors pas la même configuration technique.

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Apparemment le groupe TF1 n’a pas prévu de « mirorrer » ses sites internet, soit de prévoir qu’un autre serveur d’hébergement prenne le relais en cas de coupure de ce genre …
Cela aurait pourtant été bien utile dans un cas comme le cas présent.

Ce cas démontre une nouvelle fois, s’il en était besoin, la technicité et la fragilité d’un site internet rattaché à un ou plusieurs noms de domaine.

Eugénie Chaumont.

Après eux, le chaos?

7 août 2012

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Ce n’est pas la première fois que le transfert du contrôle / de la gouvernance de l’internet d’organismes sous le contrôle du gouvernement américain vers les Nations Unies et plus particulièrement vers l’ITU est évoqué.

Cette fois, c’est la Russie et la Chine, soutenus par l’Inde semble-t-il, qui appuient cette demande.

Une fois de plus, les Etats Unis ont prévenu qu’ils s’y opposeraient.
Un document daté du 1er août dernier du “Bureau of Economic And Business Affairs” est très clair sur ce point:
The U.S. will carefully monitor and study the proposals submitted by other countries. The U.S. is concerned that proposals by some other governments could lead to greater regulatory burdens being placed on the international telecom sector, or perhaps even extended to the Internet sector — a result the U.S. would oppose.”
et
The United States also believes that existing multi-stakeholder institutions, incorporating industry and civil society, have functioned effectively and will continue to ensure the health and growth of the internet and all its benefits.

Il faudra tôt ou tard remettre ce projet à l’ordre du jour, et il serait grand temps d’offrir à l’Internet une alternative de gouvernance vraiment internationale. Internet international ce n’est pas tenir 3 réunions annuelles sur 3 continents différents! Quel outil plus approprié pour une transition démocratique, pour reprendre un terme à la mode, que les Nations Unies/ ITU?

Voir aussi The Rick Schwartz Domain Name and Traffic Blog

On peut aussi se prendre à rêver/ et à souhaiter qu’à terme le contrôle des ccTLDs soit transféré aux offices de marques nationaux, puisqu’il est désormais admis que la gestion des noms de domaine s’apparente à la gestion d’actifs de Propriété Intellectuelle?

Iconoclaste? Oui, et alors?

Sylvain Hirsch

Un zéro pointé pour Donuts et Demand Media?

1 août 2012

zeropointeEn plein J.O., il est plutôt normal qu’il y ait du sport et de l’action.

La médaille d’or du jour en tir au déposant de nouveau gTLD revient à l’avocat américain Jeffrey Stoler (Mc Carter & English)
qui a contacté l’ICANN à son sommet, en incluant, démarche pleine de bon sens, la présidence du GAC, pour contester la légitimité des déposants de demandes d’attribution de nouveaux gTLDs DEMAND MEDIA, DONUTS et leurs principaux responsables au motif que ces derniers “are, by ICANN’s established eligibility guidelines, unsuited and ineligible to participate in the new gTLD program“.
Dans sa logique, Mr Stoler demande que l’ICANN “reject the applications from Donuts and its subsidiaries, Demand Media and its subsidiaries, and their respective affiliated companies“.
Bah, me direz vous, il ne s’agit que de 333 demandes de nouveaux gTLDs!

L’argument choc de Jeffrey Stoler repose sur le passé et le passif de DEMAND MEDIA et ses filiales, qui sont des cybersquatters, et à ce titre, non éligibles, selon les règles de l’ICANN, au dépôt de demandes de nouvelles extensions.

Ne manquez pas de lire l’article de Domain Incite , et surtout la lettre de Jeffrey Stoler .

Prochaine épreuve: lancer de marteaux?

Sylvain Hirsch

Le Golem de Prague, version ICANN 2012

1 juillet 2012

La légende veut qu’au XVIème siècle, un rabbin de Prague aurait créé à partir d’argile, un “Golem“, terme qui désigne un humanoïde artificiel. Cette créature, selon différentes versions, échappe souvent au contrôle de son créateur.

Coïncidence, c’est également à Prague au cours de sa 44ème réunion, que l’ICANN, dans la poursuite de ses exploits tasmaniens et autres glitches a peut être un peu perdu le contrôle de sa créature nouveaux gTLDs:

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1) exit le programme (controversé) de “digital archery“, tir à l’arc éléctronique, qui devait permettre d’établir le traitement échelonné des 1930 candidatures en lots; voilà qui est plutôt une bonne nouvelle, mais la façon de traiter le seul et unique lot et d’en annoncer les résultats n’a par contre pas encore été tranchée;

2) la “Trademark Clearing House” reste, à l’exception du choix (critiqué) de ses prestataires, toujours aussi peu claire

3) contrairement aux discussions initiales, le coût de l’URS (Uniform Rapid Suspension system) est beaucoup plus élevé que prévu. Heureusement, le Président de l‘IPC (Intellectual Property Constituency - of the GNSO) a proposé au Board une solution que nous serions heureux de voir retenue: que l’ICANN, qui avec les nouveaux gTLDs a amassé un impressionnant trésor de guerre, finance en partie ce surcoût imprévu :-)

4) Note joyeuse: des enfants ont “spontanément”, bien entendu) demandé la création d’une kids Constituency pour représenter leurs intérêts.  Enfin un peu de douceur dans ce monde de brutes, et peut être une façon de contrer la candidature de’Amazon à .kid?

La suite en coulisses et en vitrine à Toronto en octobre.

Sylvain Hirsch

Ready?

12 juin 2012

Provided no unfortunate glitch will spoil the party, it happens on 13 June 2012: tadah!

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So, let’s see, and thank you to Mr Barnum/ ICANN, and “en piste” for the Digital Archery show!

Sylvain Hirsch

Google s’aime, Google sème, Google sem

12 juin 2012

Incorrigibles profanes ou « geeks » invétérés, les cyber-utilisateurs de Google seraient sur le point de voir une mini-révolution chatouiller les doigts de leurs claviers. Le leader des moteurs de recherches s’apprêterait à changer sa recette miracle. A la loupe ou à la louche, il semblerait qu’un nouvel ingrédient s’ajouterait à la malicieuse potion magique du géant.

Du clavier à la parole, il n’y aurait qu’un pas. Si Freud murmurait à l’oreille des chevaux, notamment dans le célèbre cas sur « Petit Hans », il s’en serait peut-être fallu de peu pour qu’il se soit intéressé à la souris… de nos ordinateurs. Pour lui, métaphore et métonymie sont les composantes structurales du langage, et s’inscrivent dans la structure psychique de l’inconscient. Le décryptage de la langue, à travers les signifiants et les signifiés, serait alors la clef pour accéder au monde de l’inconscient. Google serait-il le miroir d’un inconscient collectif, grâce à sa formidable base de données aux millions de références? Cette hypothèse devient envisageable, surtout lorsque l’on sait que Google souhaite intégrer un système de recherche dite « sémantique » dans son algorithme.

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Jusqu’à présent, la recherche sur Google était largement orientée sur la recherche de contenus, dite « syntaxique ». Une flotte de robots informatiques est lancée à l’assaut des 8 milliards de pages web sur lesquelles naviguent les internautes. C’est le « Crawl du web ». Les soldats analysent chaque site et identifient tous les mots contenus dans les balises <BODY> des codes sources des pages visitées. Une valeur est attribuée à chaque mot en fonction de sa pertinence estimée : la place du mot dans la page, sa récurrence, etc. Les robots décomptent aussi le nombre de liens amenant vers la page visitée (le « Page Rank »). Ces liens sont comme des ponts qu’ils franchissent à la conquête d’autres pages web. Les précieuses informations recueillies par ces habiles espions sont répertoriées dans une base de données gigantesque. Ce quartier général recense les adresses IP des « zones files » des pages web et les contenus des pages (titres, textes, images, etc). Les pages sont classées en fonction du « TrusRank » : l’affiliation d’un site, à travers les liens le redirigeant vers un autre site, est prise en compte. Ainsi, un site renvoyant vers le site internet d’un gouvernement aurait une meilleure note qu’un site renvoyant vers un site de la sphère contrefaçon. Toutes les informations sont alors triées dans 8 vastes index répartis dans le monde, appelés « Data Centers », qui s’actualisent mutuellement lors de la « Google Dance ». La botte secrète de Google est alors déployée : son algorithme retire de l’index les résultats pertinents au regard de la recherche de l’internaute. Les meilleurs résultats sont bien entendu classés en haut de page.

Syntaxe des mots, grammaire formelle du langage, ordre des mots ou encore popularités sont autant d’élément qui seront, peut-être, dorénavant pris en compte techniquement dans le cadre d’une recherche basique. Le second assaut serait sur le point d’être lancé. N’en déplaise aux adeptes du « langage texto », la science du sens prendrait le dessus. Sans se séparer de sa stratégie initiale qui a fait son succès, Google aurait introduit ou serait sur le point d’introduire la recherche dite « sémantique » dans son algorithme. La sémantique s’attache à l’étude scientifique d’une langue, sur le plan de la signification des unités linguistiques, et de leurs combinaisons. Elle cherche à établir les différents sens d’un même mot, les significations des mots composés et leurs rapports, les conditions de vérités d’un énoncé… le mot « sémantique » vient du grec « σημαντικός » (« semantikos »), « signifié » (« σήμα » : sema), « signe, marque ». A l’appui de sa base de données, Google pourrait décortiquer les « sèmes », c’est-à-dire les plus petites unités de sens, et déterminer des champs sémantiques. Un résultat prendrait alors en compte le contexte même de la recherche sur le moteur. A la question « Where is Brian ? », assurément Google sémantique répondrait « In the kitchen »…

Info ou intox, « Google sémantique »  permettrait des requêtes plus simples et des résultats biens plus pertinents. Un impact sur le référencement est toutefois à prévoir, puisque les résultats de recherche prendraient aussi en compte le sens même des requêtes… Si Google sème, ce sera du grain à moudre sur le net !

Pierre MOIGNET

Destination TAS-MANIE

1 mai 2012

Dans un récent entretien dont Reuters rend compte ici , Rod Beckstrom fait part de quelques confidences intéressantes à analyser quant aux incidents du système TAS:

  • d’abord et l’air de rien il annonce que “1,268 Organizations had registered for the application system to date [30 avril 2012]“: à plusieurs demandes d’attribution de nouvelles extensions par déposant, le nombre de nouveaux TLDs à examiner risque d’être très impressionnant;
  • ensuite, et légèrement plus inquiétant quant au délai réel d’attente jusqu’à ce que le “glitch” soit fixé, Mr Beckstrom souhaite que le problème soit résolu “before handing on the baton“.   Sachant qu’il quitte ses fonctions le 1er juillet, doit-on voir là une indication quant au délai estimé par l’ICANN pour remettre TAS en marche??

Rod, TAS pas de chance!

Sylvain Hirsch

“Yes, I can’t” ou l’histoire d’un TAS … interrompu

15 avril 2012

Les Très Riches Heures du Duc d’ICANN, Seigneur d’Outre Domaine:

18 septembre 1998: création de l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers, ICANN

icann120 janvier 2009, entrée en fonctions du Président Barack Obama, père du slogan YES WE CAN

obama

12 avril 2012: le jour qui devait voir la fin glorieuse du processus de 3 mois de dépôt des candidatures à l’obtention de nouvelles extensions génériques , l’ICANN annonce “We have learned of a possible glitch in the TLD application system software that has allowed a limited number of users to view some other users’ file names and user names in certain scenarios

14 avril 2012: complément d’information de l’ICANN: “We temporarily shut the system down on 12 April 2012 to protect applicant data, and to look into the technical issue and fix it

icant

Sylvain Hirsch