Cyberflying (ou cyberflight) : volonté délibérée de modifier les coordonnées Whois au cours d´une procédure judiciaire ou extra-judiciaire dans le but de :
- voir la procédure rejetée,
- retarder la décision,
- empêcher le plus longtemps possible le plaignant de pouvoir récupérer et exploiter le nom de domaine ainsi que, par conséquent, sa marque sur Internet.

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Cette pratique, moins médiatisée que le cybersquatting, le slamming ou autre syndrome en « ing », est pourtant en fort développement et devrait amener l´ICANN ou l´OMPI a réfléchir à la solution pour la freiner.
En effet, le cyberflying est aujourd´hui très courant chez les Registrars mettant à disposition de leurs clients un service de réservation anonyme.
Pour exemple, Naview Inc. propose un service d´anonymat destiné à préserver des voleurs d´identité, spammeurs, démarcheurs et autres parasites.
Le Whois indique au final, comme coordonnées du titulaire, les informations suivantes :
XXXX.COM
c/o Whois IDentity Shield
142-757 W. Hastings St., Suite #777
Vancouver, BC
Canada V6C 1A1
Administrative Contact
XXXX.COM
c/o Whois IDentity Shield
142-757 W. Hastings St., Suite #777
Vancouver, BC
Canada V6C 1A1
E-mail: pJfdPWyc6DXsn0NjGYnxnsFQ4ZlzlUbS/NBdxKK6ETgOouWBcQ==@2008.identityshield.com
Phone: +1 (604) 484-4206
Technical Contact
XXXX.COM
c/o Whois IDentity Shield
142-757 W. Hastings St., Suite #777
Vancouver, BC
Canada V6C 1A1
E-mail: qXFiNOiMZb7mAXKm53UQxBOI6A1P808QmvntU+m9Khjc+tyk@2008.identityshield.com
Phone: +1 (604) 484-4206
En cas de litige, l´adresse mail, factice, ne permet pas de contacter le titulaire et le plaignant doit s´en remettre au Registrar pour faire suivre son courrier. Or, ce dernier, n´a aucune obligation à ce stade de la procédure de révéler l´identité de son client.
Le plaignant se voit donc dans la nécessité d´initier une procédure UDRP, dont le coût , inférieur à celui d’une action en justice, n’est néanmoins pas négligeable, pour tenter de récupérer le nom litigieux. Une fois la procédure initiée, l´OMPI doit alors se retourner vers le Registrar pour lui demander les coordonnées du titulaire, ce qui étire un peu plus la durée de la procédure.
Dans son rapport du 27/03/2008, le Centre d´arbitrage et de médiation de l´OMPI a reconnu l´importance de la préservation des données privées des personnes physiques. Il a également souligné que l´anonymat ne devait pas servir les cybersquatteurs.
Dès lors, et avec le système d´enregistrement automatisé des Registrars importants, comment s´assurer que le service d´anonymat ne bénéficie bien qu´aux personnes physiques et non aux sociétés spécialisées dans les réservations massives de noms de domaine contrefaisants ? Quelle est alors la responsabilité des Registrars qui, n´assurant aucune vérification, favorisent des actes de cybersquatting ? Dans quelle mesure, le service d´anonymat et donc le Registrar peuvent ils être la cible des procédures UDRP ?
Des éléments de réponse sont d´ores et déjà disponibles dans des décisions récentes :
- Dans la décision No. D2007-1886, le panel précise que le défendeur devait être le titulaire indiqué sur le whois au jour du dépôt de la plainte ;
- Dans la décision No. D2008-0450, le panel considère que si le défendeur peut être le Registrar, cela n´empêche pas le client anonyme de présenter des observations en réponse.
Il est sans nul doute possible que la mise en place d´un cadre strict à l´usage des services d´anonymat participera à une harmonisation des pratiques en matière de noms de domaine et, pourquoi pas, à une légalisation de la matière.
Laëtitia Canezza