L’Allemagne vient de faire sensation en bloquant l’encyclopédie libre
WIKIPEDIA durant quelques jours. Plus précisément, la justice a, sans grande
conséquence, fait fermer la page wikipedia.de, tandis que de.wikipedia.org
(la véritable page d’accueil germanique de l’encyclopédie) était bien
accessible aux internautes allemands.
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Si WIKIPEDIA a maintes fois été bloquée par des pays peu regardants sur la
liberté d’expression et la liberté sur le Web en général (on citera notamment la Chine, l’Iran et la Tunisie), jamais l’encyclopédie
n’avait subi pareille attaque par un pays de l’Occident.
Vivement critiquée en Europe, et notamment en France pour diverses raisons - on se rappellera de l’affaire Philippe Manoeuvre ou encore les modifications par les étudiants de Pierre Assouline - WIKIPEDIA s’est donc attirée cette fois les foudres d’un citoyen allemand, et pas n’importe lequel : Lutz Heilmann.
Député au parlement fédéral du parti d’extrême gauche, il aurait surtout été selon WIKIPEDIA dans la seconde partie des années 80 un ex-agent de la Stasi, la police secrète de la défunte RDA.
Les internautes ayant édité la page Wikipédia de Lutz Heilmann auraient de surcroît rajouté qu’il n’aurait pas terminé son diplome de droit, et qu’il serait lié à une entreprise pornographique.
Face à ces informations jugées gênantes, le député allemand a engagé des poursuites contre trois personnes ainsi que contre l’encyclopédie libre, et a réussi à faire fermer Wikipedia.de. L’article le concernant ayant été modifié, le député a le dimanche 16 novembre renoncé à ses poursuites, précisant que son but n’était en aucun cas de bloquer WIKIPEDIA, mais seulement de voir l’article consacré à sa personne modifié.
Le parti du député n’a que peu apprécié cette affaire, précisant qu’il « se bat depuis des années contre les efforts visant à censurer internet ».
Par ailleurs, l’Associated Press rappelle que la version germanique de Wikipédia a déjà été brièvement bloquée par le passé, en 2006, suite à une plainte (rejetée ensuite par le Tribunal de Berlin) contre l’encyclopédie de la part de parents d’un hacker décédé. Ces derniers souhaitaient que
l’encyclopédie retire un lien vers un document révélant le nom complet de leur enfant.
Laëtitia Canezza