Archive pour janvier 2010

Vas-y co.CO

Vendredi 29 janvier2010

Suivant la grande tendance actuelle, un nouveau pays a décidé d’entamer un processus de libéralisation de son extension nationale : la Colombie.
Cette libéralisation fait suite à la réassignation de la gestion de l’extension colombienne, qui, à partir de février prochain ne sera plus gérée par l’université des Andes, mais par une start-up américaine .

L’extension .CO est très intéressante car elle signifie quelque chose pour nos amis anglophones. En effet, « co » est le diminutif habituel de « company ». Il y a fort à parier que de nombreuses sociétés désireront acquérir un nom de domaine reprenant leur dénomination sociale ou leur nom commercial et en y ajoutant un .CO
En quelque sorte, on peut dire que le .CO de Colombie est aux entreprises ce que le .ME du Monténégro est aux particuliers : une extension permettant d’indiquer qui ils sont.
Toutefois, .CO est aussi une erreur typographique commune : il arrive fréquemment qu’un utilisateur écrive .CO au lieu de .COM. Ce qui va faire de cette extension un Eldorado pour les cybersquatteurs. Il suffit de voir ce qu’il est advenu du .CM camerounais, qui a été libéralisé l’année dernière :

En effet, selon l’éditeur de logiciels de sécurité McAfee, 80% des noms de domaines enregistrés sous le .CM le sont à des fins frauduleuses. Les pirates informatiques et autres cybersquatteurs capitalisant une erreur typographique commune, à savoir l’omission du « o » de .COM lorsque l’utilisateur écrit une URL dans la barre d’adresse de son navigateur.

Et, hélas, vu les conditions d’enregistrement annoncées par le nouveau registre, à savoir une extension complètement libre, sans que ne soit requis aucun document  ou justificatif, il y a fort à parier que le .CO suivra le (triste) exemple du .CM.
Cependant, contrairement au .CM, le nouveau registre, en charge du .CO a mis en place une procédure d’ouverture graduelle (Sunrise Period, puis Landrush) qui va permettre aux titulaires de marques de se protéger contre les abus.

Logo du .CO

Logo du .CO

L’ouverture va se faire en 4 temps:

  • Tout d’abord, durant tout le mois de mars, les titulaires de noms de domaines en .COM.CO (la seule extension qui était accessible, et encore, uniquement pour les locaux) enregistrés avant le 30 juillet 2008 pourront enregistrer l’équivalent de ce nom de domaine en .CO.
  • Puis, du 1er au 20 avril, une seconde période débutera, permettant aux titulaires de marques enregistrées en Colombie avant le 30 juillet 2008 d’enregistrer un nom de domaine reprenant la marque à l’identique. Si un nom de domaine est désiré par plusieurs titulaires de marque, celle-ci reviendra au plus offrant après une procédure d’enchères.
  • Ensuite, du 26 avril au 10 juin, tout titulaire de marque enregistrée avant le 30 juillet 2008, sans que celle-ci ne vise obligatoirement la Colombie pourra enregistrer un nom de domaine reprenant la marque à l’identique. Là encore, si plusieurs titulaires de marque désirent le même nom de domaine, celui-ci reviendra au plus offrant après une procédure d’enchères.
  • Enfin, du 21 juin au 13 juillet, tout le monde pourra se porter acquéreur d’un nom de domaine. Cependant, là encore, si plusieurs personnes désirent devenir le titulaire d’un même nom de domaine, celui ci reviendra au plus offrant suite à une procédure d’enchères.
  • Pour finir, à partir du 20 juillet 2010, n’importe qui pourra acquérir un nom de domaine selon la règle du « premier arrivé, premier servi ».

Nous ignorons encore les prix qui seront pratiqués par le registre colombien lors des différentes vagues d’enregistrement. Nous vous tiendrons informés dès que ces informations nous seront communiquées par le registre en question.

Adrien Palumbo

The day on which .com.co was KO and became .CO

Vendredi 29 janvier2010

Colombia is yet another country to follow the fashion and to initiate a process of liberalization of its national extension: CO. This liberalization follows actually the reassignment for the extension of Colombia, which, from next February 07 will no longer be managed by the University of the Andes , but by an American start-up. The main advantage of this first level national extension, .CO, is obviously that “CO” is the broadly used diminutive for “Company”. Therefore it is very likely that many companies will want to buy a domain name containing their business name suffixed by. CO. In other words, .CO might become for companies what .ME is for individuals, namely a way to show to the world what they are. CO is however (dangerously) close to COM. That very proximity is also a source of danger to brand owners. Indeed, just look at what happened to Cameroonian .CM, which was liberalized last year: According to the Security Software editor McAfee, 80% of the domain names registered under .CM have been registered unlawfully. cybersquatters have based their strategy one a very common typo error: the omission of the “o” in “.COM” when the user writes a URL in his browser. And, alas, given the registration requirements announced by the new Registry, namely none, since .CO will be an extension without any restriction or required documents, we can bet that .CO will be a cybersquatters Eldorado. Nonetheless, the new .Co registry has decided to begin the liberalization with a Sunrise period, followed by a landrush in order to allow trademark owners to registrer their trademark under .CO before cybersquatters.

logoco1

.CO Logo

The opening will be done in 4 steps before total opening:

  • First, as from March 1st and throughout the month of March, the holder for a .COM.CO registered before the 30/07/2008 will be able to register the equivalent of their domain name under .CO.
  • Then, from April 1 to 20, a second period begins, allowing holders of registered trademarks in Colombia before July 30, 2008 to register a domain name matching the mark. If a domain is desired by many trademark holders, it will be given to the highest bidder in an auction process.
  • Next, from April 26 to June 10, holders of trademark registered anywhere (not necessarily designating Colombia) before July 30, 2008 can register a domain matching their trademark. Again, if several brand owners compete on  the same domain, it will be allocated  to the highest bidder in an auction process.
  • After that, from June 21 to July 13, the so called landrush will begin: Everyone will be able to purchase a domain name. However, again, if several people wish to become the holder of the same domain, it returns to the highest bidder in an auction process.
  • Finally, from July 20, 2010, anyone will be able to purchase a domain name on a first-come, first served basis.

We do not know yet the price that will be charged by the Registry of Colombia during the various waves of registration. We will keep you informed as soon as this information we will be notified by the registry.

Adrien Palumbo

¡Jamon, Jamon !

Mardi 26 janvier2010

Parmi la foultitude de décisions UDRP rendues par les arbitres de l’OMPI certaines sont plus intéressantes que d’autres. Plus ou moins glamours, plus ou moins orthodoxes, plus ou moins riches d’enseignements, et la veille des décisions UDRP est une activité nécessaire. En effet, sans lier les arbitres, la jurisprudence de l’OMPI permet d’évaluer les chances de succès d’une procédure à venir et d’étayer une plainte.

jamon1

Le litige No D2009-1482 concernant le nom de domaine [jambon-parme.com] opposant le « Consorzio del Prosciutto di Parma » à un particulier basé en France a réveillé les gastronomes et les cinéphiles qui sommeillent chez IP Twins. Les juristes, qui sommeillent moins chez IP Twins, se félicitent de cette décision, pas tant pour sa conclusion qui semble assez évidente mais plutôt pour sa forme. En effet, elle parvient à respecter des Principes directeurs (trop ?) rigides ($4(a)), tout en prenant en compte des éléments factuels importants. Cette décision empreinte de bon sens et de rigueur vient rappeler plusieurs aspects primordiaux des décisions UDRP :

1- La langue de la procédure est celle du contrat d’enregistrement, sauf convention contraire des parties ou cas exceptionnels ($11a) ;

En l’espèce, la procédure a été déposée d’abord en anglais, alors que la langue du contrat était le français.
Aussi rébarbative que soit cette règle, elle doit être respectée. Il faut donc, préalablement au dépôt de la plainte, vérifier dans quelle langue elle devra être menée. Cela signifie que si le contrat entre le Registrar et le Défendeur est en français, la plainte doit être déposée en français. La simple convenance du demandeur (même lorsqu’il est évident que celui-ci est dans son bon droit) ne peut pallier l’absence de convention entre les parties ou de circonstances justifiant un changement de la langue (telles que la nationalité du Défendeur, ou des correspondances avec lui ayant eu lieu dans une langue différente…)

2- Le nom de domaine est identique ou similaire à une marque ($4a1) au point de prêter confusion

Une appellation d’origine ne suffit pas, la décision le rappelle :
« le fait que la dénomination jambon de parme ait reçu le statut d’appellation d’origine protégée par les instances européennes ne constitue pas un critère pertinent. Conformément au paragraphe 4(a)(i) des Principes directeurs, le requérant doit démontrer la titularité d’une marque. Bien que la question de savoir si ce paragraphe devait recevoir une interprétation extensive et s’appliquer aux indications de provenance ait été abordée dans le rapport concernant le second processus de l’OMPI sur les noms de domaine de l’Internet publié le 3 septembre 2001, il y a été répondu par la négative. Il en résulte que le fait de se prévaloir d’une appellation d’origine protégée ne permet pas d’agir en application des Principes directeurs (en ce sens également le paragraphe 1.5 des tendances en ce qui concerne les Principes directeurs) »

Heureusement, le demandeur a appuyé sa plainte sur les marques PROSCIUTTO DI PARMA et PARMA HAM. Le nom de domaine [jambon-parme.com] traduction de ces marques, est comprise par le public francophone. Partant, ce nom de domaine est similaire à la marque au point de prêter à confusion et le 1er critère est rempli.
Les droits sur les noms de domaine ou le caractère d’appellation d’origine, bien qu’insuffisants à l’appui de la plainte, viennent renforcer les droits du titulaire sur la dénomination. Référence est également faite à une décision antérieure similaire rendue pour le nom de domaine [parma-schinken.com] (d’où l’importance de la jurisprudence…)

3- Le défendeur n’a pas de droits et intérêts légitimes sur la dénomination

« S’agissant de la preuve d’un fait négatif, la Commission administrative estime que lorsque le requérant a allégué avec des documents à l’appui le fait que le défendeur n’a aucun droit ou intérêt légitime sur le nom de domaine comme en l’espèce, il incombe au défendeur d’établir le contraire, puisque lui seul détient les informations nécessaires pour ce faire. S’il n’y parvient pas, les affirmations du requérant sont réputées exactes (Eli Lilly and Company v. Xigris Internet Services, Litige OMPI No. D2001-1086; Do The Hustle LLC v. Tropic Web, Litige OMPI No. D2000-0624). »

Cet extrait de la décision est éloquent et devrait rassurer les titulaires de droits. Rapporter une preuve négative est toujours délicat et il est satisfaisant de constater que la charge de la preuve est renversée dès lors que le Requérant a apporté un certain nombre d’éléments tendant à prouver que le Défendeur n’a pas de droits sur la dénomination. Par exemple : fournir des recherches de marques montrant que le Défendeur n’est titulaire d’aucune, établir que ce défendeur n’est pas autorisé à utiliser la dénomination (il n’est pas licencié, ni revendeur…)…

4-L’enregistrement et l’usage de mauvaise foi

[jambon-parme.com] est un cas d’école : le défendeur a enregistré un nom de domaine correspondant à une marque enregistrée / appellation d’origine contrôlée /à la notoriété forte et redirige ce nom de domaine vers son propre site [gastronomie-Italie.com].
Il était impossible que le défendeur n’ait pas connaissance des droits du demandeur, ce qui caractérise sa mauvaise foi lors de l’enregistrement. Quant à l’usage qui est fait du domaine, « le défendeur n’avait d’autre but que de rediriger les internautes francophones intéressés par l’acquisition de jambon de parme vers son site, destiné spécifiquement à leur attention. Ce faisant, le défendeur cherche avant tout à exploiter la réputation de la marque du requérant à son profit, en détournant les internautes à des fins lucratives et en entravant du même coup les activités du requérant, tout en laissant croire à d’éventuels rapports officiels entre eux qui n’existent pas. ».

Inévitablement, le nom de domaine [jambon-parme.com] est transféré au Requérant.
Bien qu’excellente, cette décision nous inspire les remarques suivantes :

  • L’Arbitre n’hésite pas à appuyer sa décision sur des décisions antérieures. Il n’est pas lié par la Jurisprudence, mais n’hésite pas à s’appuyer dessus pour étayer son argumentation. Les Parties seraient donc bien inspirées de suivre cet exemple.
  • Le nom de domaine [jambon-parme.com] a été enregistré en date du 30/09/2009. Cela signifie qu’avant cette date il était disponible. Nous pouvons légitimement nous étonner que le requérant n’ait pas pris la peine d’enregistrer la traduction française de son appellation (soit un marché concerné par la vente du jambon de parme) dans la principale extension. Les frais de procédure UDRP (incluant les taxes et les frais de préparation de la plainte) sont plus de 100 fois supérieurs aux frais de réservation d’un nom de domaine en .com pour une année. Comme les marques, les appellations d’origine méritent d’être protégées, non seulement par rapport à l’utilisation qui en est faite sur Internet mais également à titre de noms de domaine
  • Le fait que l’appellation d’origine ne puisse être invoquée à l’appui d’une plainte UDRP est discutable. Il a d’ailleurs été discuté par l’OMPI (second processus de l’OMPI sur les noms de domaine de l’Internet publié le 3 septembre 2001) mais la conclusion fut négative. D’autres procédures extrajudiciaires similaires ont été adoptées pour d’autres extensions. Inspirées des principes directeurs de l’UDRP, elles ont néanmoins choisi de s’en affranchir et d’accepter que la plainte ait des fondements plus larges que ceux de l’UDRP : ces procédures ne sont pas réservées aux titulaires de marques. Ainsi, la PARL du .fr porte sur « les atteintes aux droits des tiers protégés en France et en particulier à la propriété intellectuelle (propriété littéraire et artistique et/ou propriété industrielle), aux règles de la concurrence et du comportement loyal en matière commerciale et au droit au nom, au prénom ou au pseudonyme d’une personne », tandis que la procédure ADR du .eu est possible lorsque « le nom de domaine .eu enregistré est identique ou susceptible d’être confondu avec un nom sur lequel un droit est reconnu ».

Après avoir inspiré les différents registres pour l’instauration de procédure alternative en matière de noms de domaine, c’est peut-être au tour de l’OMPI de s’inspirer de ces émanations pour moderniser et ouvrir l’UDRP.

Jean-Baptiste Sirand

Chine : ça ne va Baidu tout !

Mercredi 20 janvier2010

Le 12 janvier dernier, le moteur de recherche utilisé par plus de 60% des internautes chinois, Baidu, a été piraté. Ainsi, pendant quelques heures, le nom de domaine baidu.com ne pointait plus vers le serveur de la société chinoise (adresse IP 220.181.6.81 ), mais vers un serveur iranien (adresse IP 188.95.49.6), une opération de reverse DNS nous montre que ce serveur héberge également de nombreux sites proposant des logiciels  et autres produits culturels contrefaits.
Ainsi, pendant quelques heures, tout internaute se connectant au site www.baidu.com ne voyait plus la page d’accueil habituelle, mais la page ci-dessous :

Vue du site Baidu.com lors de l'attaque

Vue du site Baidu.com lors de l'attaque

Comment cette « Iranian Cyber Army », déjà célèbre pour avoir fait subir le même sort à twitter.com le mois dernier, s’y est-elle prise ?
En utilisant une méthode connue sous le nom de DNS hijacking (détournement de DNS), laquelle comporte l’immense avantage de ne pas nécessiter beaucoup de connaissances en informatique ou de matériel perfectionné.


En effet ce type d’attaque utilise la faille que comporte tout système informatique, aussi sécurisé et perfectionné soit il : le facteur humain.
Les pirates ont, en fait, envoyé un email qui paraissait légitime à un employé de Baidu de la part de ce qui paraissait être leur registrar afin de récupérer les identifiants et mots de passe de l’interface de gestion des noms de domaines de Baidu chez ce registrar (REGISTER.COM).
Une fois en possession de ceux-ci, les pirates ont tout simplement modifié les serveurs DNS utilisés par ce nom de domaine afin de mettre les leurs (hébergés par Yahoo) à la place, comme le montre les captures d’écran ci-dessous :

Whois de baidu.com le jour de l'attaque (à gauche). Et Whois actuel (à droite).

Whois de baidu.com le jour de l'attaque (à gauche). Et Whois actuel (à droite).


L’attaque est invisible et indolore, du moins le temps de la propagation des DNS. Ce qui explique que ni Baidu, ni Register.com n’aient réagi à temps. Le seul moyen de s’en apercevoir, aurai été que le bureau d’enregistrement, Register.com, mette en place un contrôle systématique de toute modification apportée au nom de domaine Baidu.com.
Un autre avantage (ou inconvénient selon le point de vue) de ce type d’attaque, est que même lorsqu’il est mis fin au DNS hijacking, de nombreux utilisateurs continuent d’en souffrir pendant quelques heures, le temps que la propagation des nouvelles zone files  se fasse.


Suite à cette attaque, le Chief Technology Officer, numéro deux dans l’organigramme de Baidu, ainsi que le Chief Operating Officer ont tout deux démissionnés  pour « raisons personnelles ».


Aujourd’hui, Baidu a décidé de porter l’affaire devant les tribunaux américains, accusant la société REGISTER.COM de négligence impardonnable. En effet, selon Baidu, REGISTER.COM aurait du mettre en place des mesures de sécurités afin d’empêcher que ce type d’attaque ai lieu. A noter que dorénavant, ces mesures ont été prises. Le whois actuel affichant le status « server update prohibited ».
Se pose alors la question de la responsabilité, que devront trancher les tribunaux américains : dans quelle mesure un bureau d’enregistrement (registrar), est il responsable de la gestion des noms de domaines ? N’est-il que le mandataire, à la manière d’un bureau d’enregistrement de marque, du titulaire du nom de domaine ? Ou bien est il considéré comme un hébergeur, et doit, à se titre, garantir la pérennité et la sécurité des services qu’il propose ? Ce sera à la Cour Fédérale de l’état de New York de trancher cette question. Soyez assurés que la décision, quel qu’elle soit, trouvera quelques échos en ces lieux. Mais si les juges New-Yorkais tranchent en faveur de Baidu, cela obligerait  surement tous les registrars américains à mettre en place de, couteuses, procédures de contrôle. Coût qui sera alors probablement répercuté sur le coût des noms de domaines.


Quoi qu’il en soit, une leçon est à tirer de cette mésaventure : Il est en effet édifiant de voir à quel point une multinationale spécialisée dans le secteur des nouvelles technologies est vulnérable. En fait, au jour d’aujourd’hui, l’immense majorité des sociétés de premier  plan  sont vulnérables à ce genre d’attaque. Et si aujourd’hui les pirates,  se contentent de rediriger le trafic des domaines ainsi détournés vers une page célébrant leurs « exploits », rien ne les empêche, demain, de rediriger le trafic d’utilisateurs vers des sites malveillants utilisant des méthodes avancés de phishing ou de cross scripting. Et là, l’attaque pourrait être extrêmement dommageable pour les utilisateurs des services de la société visée.


Il existe deux contre-mesures simples pour éviter ce genre d’attaque :
Tout d’abord, et c’est l’évidence même, restreindre au maximum le nombre de personnes ayant connaissance des identifiants permettant de faire une quelconque modification. Et sensibiliser ceux-ci sur les méthodes utilisées par les pirates pour essayer de s’emparer desdits identifiants.
Une autre mesure est bien sûr de choisir avec soin son registrar : Il est plus facile d’opérer à un détournement de DNS lorsque le nom de domaine est géré par une grosse société ne pouvant se permettre de contrôler une par une chaque modification de DNS. Evidemment, passer par les services d’une société effectuant systématiquement de telles vérifications, comme le fait IP Twins, a un coût. Reste à voir pour les grandes sociétés si celui-ci n’est pas grandement inférieur au cout d’une attaque de type DNS hijacking.

Adrien PALUMBO

Haïti: Le devoir de mémoire, Internet et le .HT

Mardi 19 janvier2010

Depuis plusieurs jours, durement touché par un séisme dévastateur, Haïti fait l’objet de toutes les attentions du reste du monde.

Chacun cherche à aider à sa manière les survivants : des soignants partent sur place pour soigner, des soldats sont envoyés pour protéger, certains artistes ont d’ores et déjà composé et enregistré une chanson de soutien… et puis discrètement, bien loin des journalistes, les administrateurs des serveurs secondaires du .HT ont reconfiguré les machines pour sauver le .HT.

Cette information peut sembler pour le moins futile au regard des souffrances des Haïtiens et des efforts déployés pour les aider. Elle est néanmoins révélatrice d’une certaine idée de la mondialisation et de la communication virtuelle : grâce à la mobilisation de ces administrateurs disséminés en France, au Canada et aux Etats Unis, les sites web en .HT sont toujours accessibles (télévision nationale , Ministère de l’Economie et des Finances , Ministère de l’Education Nationale de la Formation Professionnelle …) alors que toutes les liaisons Internet et la plupart des bâtiments correspondants ont été détruits. Ces sites web sont autant de pages de mémoire, d’archives qui pourront se révéler précieuses pour reconstruire le pays.

Concrètement, cela n’a été possible que par la prudence de l’Administrateur haïtien (qui a pu être joint depuis et qui se porte bien), qui a multiplié les serveurs (2 à Haïti et des serveurs secondaires à l’étranger). Afin d’éviter toute interruption définitive du domaine .HT, les responsables des serveurs secondaires se sont donc concertés afin de copier la base de données du registre en Australie, configurer une machine comme primaire puis configurer les machines secondaires pour rerouter vers cette nouvelle machine primaire. Sans qu’aucune autorité ne soit intervenue pour approuver ce travail, sans avoir à demander des autorisations diverses et compliquées, ces hommes ont pris la meilleure décision selon leur expérience et leurs compétences Internet pour sécuriser et protéger le domaine rapidement et efficacement.

Internet a été le seul moyen de communication dans les premières heures du drame. Depuis des initiatives sont apparues sur la Toile : la carte d’Haïti - équivalent open source de “Google map”), Twitter et tous les sites des ONG permettant des dons rapides (Médecins du monde (présents à Haïti depuis plusieurs années et bien intégré localement) , Fondation de France , Unicef .

Laëtitia Canezza

Incoming modifications for.LU registrations

Jeudi 7 janvier2010
http://tinyurl.com/yd2wj4j

http://is.gd/5RzgO

The RESTENA foundation, which manages the Luxembourg ccTLD (.LU) has announced several update of their policies. This decision could widely increase the number of .LU domains (there were 47,797 on December 31 2009).

First of all, from February 1st 2010, it will be possible to register .LU Internationalized Domain Names (IDN). It will be possible to registrer a domain name with the following characters:

ä - ö - ü - à - â - æ - ç - è - é - ê - ë - î - ï - ô - ù - û - œ

A two month sunrise period will occur in order to protect former .LU domain names holders against cybersquatting. Indeed, until april 1st 2010, only .LU domain names holder’s will be able to register the equivalent of their domain name in IDN. It is quite original that a sunrise period does not protect Trademark holders, but former domain name holders. With that kind of sunrise, a cybersquatter with the good ASCII domain name will have the priority on a Trade Mark owner… Anyway, after that sunrise period, registrations will be performed on the « first-come, first-served » basis.

In order to assure yourself a .LU IDN, you can already register the non-IDN equivalent of that domain name. It will allow you to be part of the sunrise period.

The following table shows the complete list of accepted equivalence during the sunrise period:

ASCII character IDN Equivalent
a à, â, ä
c ç
e é, è, ê, ë
i î, ï
o ô, ö
u ù, û, ü
ae æ, ä
oe œ, ö
ue ü

Another big change that will happen on February 1st 2010 is the end of the local administrative contact requirement. Nowadays, you need a local contact to register a .LU domain name. But from February 1st 2010, the .LU will be completely open. Anyone from any country will be able to register a .LU domain name without any requirement.

Of course, if you wish register a .LU domain name before the plausible opening rush, you can already do it by using IP Twins local administrative contact.

Adrien Palumbo

.Lü et approuvé !

Jeudi 7 janvier2010
http://tinyurl.com/yd2wj4j

http://is.gd/5RzgO

La fondation RESTENA, l’organisme ayant la charge de la gestion du ccTLD luxembourgeois, le .LU, a annoncé un profond bouleversement de sa politique d’enregistrement de noms de domaine, qui pourrait augmenter considérablement le nombre de noms de domaine enregistrés sous cette extension (il y en avait 47.797 au 31 décembre 2009)

Tout d’abord, à partir du 01/02/2010, il sera possible d’enregistrer des noms de domaines internationalisés (IDN). Cette ouverture aux IDN s’accompagnera d’une sunrise period de deux mois (jusqu’au 1er avril 2010 donc).

Les caractères accentués qui pourront être ajoutés aux noms de domaines sont les suivants:

ä - ö - ü - à - â - æ - ç - è - é - ê - ë - î - ï - ô - ù - û - œ

Durant cette période, seuls les titulaires d’un nom de domaine en .LU pourront enregistrer l’équivalent dudit nom de domaine en IDN. A partir du 1er avril 2010, n’importe qui pourra procéder à l’enregistrement de tels noms de domaine selon la règle du premier arrivé, premier servi.
Si vous souhaitez vous assurer la titularité d’un IDN en .LU, il est donc recommandé de d’ores et déjà enregistrer sa version non IDN afin de pouvoir prétendre à participer à la sunrise period.

En effet, un nom de domaine ASCII enregistré, même la veille du début de la sunrise period, permet de participer à celle ci. Nous ne pouvons nous empecher de tiquer devant cette règle. En effet, avec cette politique de protection des titulaires de noms de domaine anterieurs, un cybersquatteur pssédant un nom de domaien anterieur, aura la priorité sur un titulaire de marque.

Les correspondances ASCII vers IDN qui pourront être utilisées durant la sunrise period sont les suivantes:

Caractère ASCII Équivalent IDN accepté
a à, â, ä
c ç
e é, è, ê, ë
i î, ï
o ô, ö
u ù, û, ü
ae æ, ä
oe œ, ö
ue ü

D’autre part,  il est nécessaire aujourd’hui nécessaire de disposer d’un contact administratif local. A partir du 1er février 2010, cette restriction disparaitra. EN d’autres temes, il sera possible pour une personne ne résident pas au Luxembourg d’enregistrer un nom de domaine sans pour autant recourir aux services d’un contact administratif résidant au Grand Duché.
Si vous désirez vous assurer la titularité d’un nom de domaine en .LU, il peut être intéressant de le réserver dès aujourd’hui, avant la probable vague d’enregistrements qui suivra la libéralisation de cette extension. A cette fin, IP Twins dispose d’un contact administratif local, lui permettant d’enregistrer des noms de domaines en .LU pour le compte de clients non luxembourgeois.

Adrien PALUMBO