Haïti: Le devoir de mémoire, Internet et le .HT

Depuis plusieurs jours, durement touché par un séisme dévastateur, Haïti fait l’objet de toutes les attentions du reste du monde.

Chacun cherche à aider à sa manière les survivants : des soignants partent sur place pour soigner, des soldats sont envoyés pour protéger, certains artistes ont d’ores et déjà composé et enregistré une chanson de soutien… et puis discrètement, bien loin des journalistes, les administrateurs des serveurs secondaires du .HT ont reconfiguré les machines pour sauver le .HT.

Cette information peut sembler pour le moins futile au regard des souffrances des Haïtiens et des efforts déployés pour les aider. Elle est néanmoins révélatrice d’une certaine idée de la mondialisation et de la communication virtuelle : grâce à la mobilisation de ces administrateurs disséminés en France, au Canada et aux Etats Unis, les sites web en .HT sont toujours accessibles (télévision nationale , Ministère de l’Economie et des Finances , Ministère de l’Education Nationale de la Formation Professionnelle …) alors que toutes les liaisons Internet et la plupart des bâtiments correspondants ont été détruits. Ces sites web sont autant de pages de mémoire, d’archives qui pourront se révéler précieuses pour reconstruire le pays.

Concrètement, cela n’a été possible que par la prudence de l’Administrateur haïtien (qui a pu être joint depuis et qui se porte bien), qui a multiplié les serveurs (2 à Haïti et des serveurs secondaires à l’étranger). Afin d’éviter toute interruption définitive du domaine .HT, les responsables des serveurs secondaires se sont donc concertés afin de copier la base de données du registre en Australie, configurer une machine comme primaire puis configurer les machines secondaires pour rerouter vers cette nouvelle machine primaire. Sans qu’aucune autorité ne soit intervenue pour approuver ce travail, sans avoir à demander des autorisations diverses et compliquées, ces hommes ont pris la meilleure décision selon leur expérience et leurs compétences Internet pour sécuriser et protéger le domaine rapidement et efficacement.

Internet a été le seul moyen de communication dans les premières heures du drame. Depuis des initiatives sont apparues sur la Toile : la carte d’Haïti - équivalent open source de “Google map”), Twitter et tous les sites des ONG permettant des dons rapides (Médecins du monde (présents à Haïti depuis plusieurs années et bien intégré localement) , Fondation de France , Unicef .

Laëtitia Canezza

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